La position du cavalier, généralités

Quel chemin prendre

  • La découverte d’un nouvel équilibre

Tout d’abord il est important de rappeler que monter à cheval n’est pas naturel. Le sentiment, à nos premiers pas, que l’on risque de tomber à tout moment, est dû à la découverte d’un nouvel équilibre par notre corps. C’est comme le patin à roulettes ou le ski. Habituellement, ce sont nos pieds qui envoient les informations au cerveau, qui donne les ordres pour stabiliser notre équilibre (les yeux aussi), mais à cheval ce n’est plus le cas. Nos fesses, l’assiette, sont nos nouvelles sources d’informations pour que le cerveau perçoive les variations d’équilibre et s’adapte.

  • Dans quelles conditions

Le souci majeur est la manière dont – dans l’enseignement actuel – on fait découvrir aux cavaliers le cheval. On le place en situation périlleuse trop souvent, des cours surchargés, des chevaux mal dressés (lourds aux jambes, aux mains, raides, agités, stressés, mous…), souvent inconfortables, des enseignants débordés… Et déjà, un grand pas est fait loin de « l’équitation classique ».
Le système actuel à choisi deux voies pédagogiques et techniques, soit faire des heures de mise en selle, le cavalier et le cheval sont dans un immense inconfort fabriquant des cavaliers raides, crispés… Soit celle de l’enseignement « ludique » construisant des cavaliers mous dans leur dos aux gestes imprécis…
Dans les deux cas, les cavaliers par manque d’équilibre vont soit se crisper, se verrouiller, se voûter ou se « chamallowiser » laissant la place à une mauvaise position, ne permettant pas d’acquérir les réelles bases d’une bonne assiette qui permettra petit à petit de découvrir la belle équitation.

  • Que devrait-on apprendre

On devrait tout d’abord prendre chaque débutant à part lui expliquer comment ça marche, si on a un simulateur autant commencer dessus puis le faire monter sur un cheval très bien dressé, stable dans ses allures (avec des allures souples et lentes), indulgent aussi ! Le nouveau cavalier sera tenu en longe, longtemps au pas pour sentir. Ensuite quand il se sentira bien on pourra proposer le trot, juste quelques foulées… avec un retour au pas, au calme et ainsi de suite… et quand ses repères commencent à être plus clair, que la peur s’est diminuée alors on peut petit à petit proposer d’évoluer seul pour découvrir la direction au pas, etc. et seulement lorsque ce cavalier se sent autonome aux 3 allures, décontracté alors l’intégrer à un groupe si c’est vraiment nécessaire.
Pluvinel choisit d’éduquer l’assiette en faisant piaffer le cheval sous le jeune cavalier ! Qu’il goûte dès le début la sensation du rassembler.

  • Sur quels chevaux

Il faut une cavalerie adaptée, des chevaux cool, bien dans leurs têtes, et surtout bien dressés. Qui tournent gentiment quand on leur demande, s’arrêtent, marchent, trottent, galopent, s’arrêtent, tournent, etc., où le cavalier ne sera pas obligé de déployer une grande force physique pour obtenir une réponse de son coéquipier.
S’il y avait des chevaux dressés en haute école dans tous les clubs, il serait alors très intéressant de développer le ressenti des cavaliers sur de tel chevaux ! Même pour de courtes séances !

  • Dans quelles conditions

C’est du coté de l’enseignement qu’un gros effort pédagogique et technique doit être fait, ainsi qu’une remise en question des moyens qu’ils se donnent pour se former correctement et transmettre. La formation des enseignants reste très rudimentaire d’un point de vue technique mais aussi culturel. Il faut que les jeunes enseignants comprennent l’importance de continuer à se former et à se cultiver pour donner le meilleur à leurs élèves et à leurs chevaux d’école.
L’enseignant doit proposer un travail adapté, progressif qui permettra à son élève d’avancer sereinement, ce qui profitera aussi au cheval.
Le cavalier doit aussi être éduqué, l’équitation n’est pas un loisir mais un art, on ne peut pas consommer le cheval… c’est un chemin long et dur, comme les arts martiaux ! Et on doit au cheval une certaine discipline morale et physique !

L’équilibre horizontal, basse école

Il faut que le cavaliers apprenne à maîtriser son équilibre sur un cheval qui va tranquillement en avant. Qu’il puisse fonctionner sans effort et sans contraction, ressentant ainsi le cheval se mouvoir sous lui. C’est très important pour la suite, quand le cavalier devra être l’entraîneur de son cheval et plus seulement un passager, pour le mieux discret pour le pire contraignant et abusif. C’est la stabilité qui permettra au cavalier de commencer à travailler en basse école proprement.
Jusqu’à très haut niveau je constate que les cavaliers tiennent en équilibre grâce à leurs mains, en se tenant à la bouche de leurs chevaux… ce qui ne permet pas une équitation classique de qualité.

L’équilibre vertical, haute école

La force obtenue, grâce à la maîtrise de notre équilibre, va nous permettre d’évoluer sur les sentiers de la haute école. Il est indispensable que le cavalier ait acquis une bonne maîtrise de son corps, de sa posture, pour pouvoir gérer si bien son équilibre qu’il sera capable de permettre à son cheval de trouver l’équilibre du rassembler sans le gêner! A ce stade la position du cavalier (la maîtrise qu’il en a) est un outil irremplaçable pour le cavalier. Le dos et l’assiette deviennent des outils pour conserver le cheval avec soi en cas de perte d’équilibre de celui-ci.

Possibilité biomécanique du cavalier pour fonctionner à cheval

  1. Fonctionnement dorso-lombaire, mouvement ondulatoire avec une dominante flexion-extension des vertèbres lombaires et cervicales, c’est le très connu, « accompagne avec ton bassin » ! C’est une immense confusion des professionnels quand à la réalité biomécanique de ce fonctionnement, les fesses n’y jouent aucun rôle en dépit de ce qui est expliqué, c’est bien la colonne vertébrale qui ondule, c’est bien le dos qui encaisse les secousses du cheval !
    C’est le fonctionnement le plus habituel, car il ne demande pas d’effort de gainage aux cavaliers et permet de ne pas se taper les fesses au trot. Hélas, c’est le fonctionnement qui a l’impact le plus néfaste pour le cavalier et l’équilibre du cheval, le poussant sur ses épaules à chaque poussée du rein vers l’avant.
  2. Fonctionnement lombaire, mouvement ondulatoire de la colonne vertébrale lombaire, visuellement c’est le cavalier qui fait essuie- glace avec les épaules, qui pompe. Dans ce fonctionnement le cavalier manquant de tenue dans son dos, se laisse soit tirer vers l’avant par le cheval, souvent parce qu’il est accroché à la bouche avec des rênes trop courtes, soit poussé par les hanches du cheval qui pousse vers ses épaules (je parle là d’un cheval non-rassemblé). Il peut être un choix pour certains cavaliers mais la plupart du temps il est subit !
  3. Fonctionnement en balancier global, la colonne vertébrale est gainée et n’ondule pas, le mouvement du cheval est absorbé par l’articulation coxofémorale (la hanche) qui va se plier (dos du cheval qui monte) et se déplier (dos qui redescend). Ce fonctionnement demande plus de travail au cavalier, au départ, mais il est le plus adéquat pour une équitation précise et fine. Il est aussi conseillé pour améliorer votre posture quotidienne, il développe la musculature profonde (celle de l’équilibre) préservant votre dos au fil des années comme cavalier mais aussi comme piéton.

Test du tapis à capteurs

Ces différents fonctionnements ne sont pas équivalents en termes de santé du dos du cavalier mais également d’un point de vue équestre. J’ai testé plusieurs fois ces différents fonctionnements à l’aide d’un tapis à capteurs qui permet de visualiser les pressions de selles (permettant, ainsi, de savoir, si la selle que l’on a choisie pour son cheval est bien ajustée et ne provoque pas de lésions musculaires) ainsi que les oscillations du centre de gravité du cavalier. Les résultats sont très parlants.

Sur le premier graphique je fonctionne en « balancier global » ce qui est ma position habituelle.

BG Isa

Sur le second graphique, j’ai choisi pour l’expérience, de fonctionner en « lombaire ». C’est le fonctionnement le plus souvent utilisé par les cavaliers (et le plus enseigné par les professionnels).

Graphique

Les résultats sont très clairs, lorsque je fonctionne en « balancier global » mon centre de gravité est très stable (variations sur 2 cm maximum). Lorsque j’opte pour un fonctionnement en « lombaire » (ondulation du bas de la colonne vertébrale) mon centre de gravité n’est plus stable (variations sur 25 cm).
On se rend aussi compte que les pressions de selles sont améliorées, il n’y a plus de points rouges et jaunes, qui sont les valeurs qui causent les lésions musculaires au cheval.
On peut aisément imaginer que la posture du cavalier a un réel impact sur l’équilibre physique et psychique du cheval et donc sur ses performances !
Il est donc possible, avec le bon entraînement, de passer de mesures « grossières et désordonnées » à des mesures « précises et équilibrées ».

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